Images du désastre…

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Promenade vers l’ancien hospice de Montigny, un hameau au dessus d’Esbly où l’on peut voir ici et là une boucle de la Marne, en bas, languissante. J’aime beaucoup cette promenade, une première heure.
J’aurais dû être préparé, j’ai été dans le nord de l’Aisne il y a un mois, et j’ai pu voir les talus jaunis autour de Saint-Quentin, les bois dévastés par les violents orages et dangereux maintenant. La nature est devenue difficile pour l’humain, autant qu’elle souffre.
Et puis, je me suis longuement promené dans les paysages des Mille Vaches, du patois pour dire les mille sources. Elles sont épuisées, ces mille sources, et en de nombreux endroits l’eau s’écoule à peine, un filet à peine sonore. Là aussi la chaume a fait place à l’herbe verte.
J’aurais dû être prévenu par ce taillis brûlé, en bord de route entre mon domicile et Meaux, certainement un mégot ou une étincelle provoquée par un véhicule. Cent mètres et plus brûlés le long de la route. Improbable.
Là, sur le plateau toujours vert, les blés ont été récoltés, les chaumes retournées, faisant apparaître la terre riche de la Brie sèche comme du sable, sans eau. Les bords de la petite route maintenant piétonne, heureuse initiative, sont jaunes, pas d’insecte, pas d’oiseau, un désert. Le paysage est dévasté, les chevaux broutent ça et là des restes d’herbe sèche, ils ont un complément alimentaires dans des larges bacs, au milieu de pâtures normalement vertes, en plus de leur ration de grains, le matin.
Les nuages sont magnifiques. C’est peut-être, à part les portraits qui me fait rencontrer l’humain, ce que je préfère photographier. Car ce n’est pas toujours simple. Encore qu’avec l’habitude, on peut y arriver très bien. On ne peut pas mesurer la lumière là haut ! Mais on peut viser le point le plus lumineux dans lequel on veut voir des détails, et appliquer une correction d’exposition pour amener ce blanc à la limite de ce que le capteur de mon appareil photographique peut supporter. Ici, c’est +3,3 IL, c’est à dire que je multiplie par huit et un peu plus la quantité de lumière que je mesure ! C’est efficace, c’est créatif, du blanc pur par moment, il y en a dans le ciel, et des détails dans les ombres des nuages. Il y a du vent, ils bougent, ils se forment et se déforment ; mais ce vent mauvais, un vent du nord très sec, participe au désastre climatique, achevant d’assécher le sol.
Sombre présage pour les années à venir. Comment l’humanité va-t-elle s’en sortir ?
C’est beau et fascinant, un nuage, car ça n’a pas de limite, de discrimen, on ne sait pas vraiment où il commence, où il finit.